la formation professionnelle initiale doit rester scolaire et nationale

Le gouvernement vient d’ouvrir ce qu’il veut bien appeler des consultations et des concertations à propos de la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle. Il apparaît d’ores et déjà que, l’enseignement professionnel public se voit de nouveau menacé par les propositions conjointes des Régions de France et des branches professionnelles qui souhaitent obtenir le pilotage et la gouvernance de la formation professionnelle dont l’enseignement professionnel public.

Transférer l’ensemble des compétences en matière de formation professionnelle initiale aux régions ou aux branches professionnelles reviendrait à abandonner l’ambition d’une scolarisation commune pour tous les jeunes jusqu’à 18 ans. Ce serait développer des mécanismes strictement utilitaristes et à court terme en réduisant l’offre des formations à celles répondant aux besoins immédiats des entreprises d’un territoire.

Soumettre la formation professionnelle des futurs ouvrier-es et salarié-es aux seuls besoins des entreprises locales, c’est remettre en cause la formation pleine et entière que propose l’enseignement professionnel public, où savoirs généraux et professionnels participent d’une acquisition des savoir-faire des métiers, préparent les élèves aux poursuites d’études et à la vie citoyenne. C’est aussi mettre fin à l’unité et au caractère national des diplômes au profit de simples certifications professionnelles, validées par ces fragments de diplômes que sont les blocs de compétences, qui entraveront l’insertion professionnelle et précariseront encore davantage les jeunes sur l’ensemble du territoire. C’est enfin, aussi remettre en cause le statut de fonctionnaire d’État des professeur-es de lycée professionnel.

Le projet d’une formation professionnelle pilotée et gérée par les Régions ou par les branches professionnelles est celui d’un service de formation à deux vitesses. Le ministère de l’Éducation nationale, en voulant transformer la voie professionnelle scolaire à l’aune de la réforme de l’apprentissage, entérine cette vision. En dissociant la voie professionnelle de la concertation sur le bac, il va plus loin.

Le SNUEP-FSU rappelle son attachement à l’égale dignité des trois voies du lycée (générale, technologique et professionnelle). La formation de l’ensemble des jeunes doit relever des prérogatives de l’état et des ministères chargés de l’éducation.

Le SNUEP-FSU combattra ces propositions qui, si elles étaient mises en œuvre, signeraient un recul sans précédent en termes de projet de société, d’égalité et de démocratisation scolaire.

Le SNUEP-FSU condamne fermement les projets de fusion entre LP et CFA et dénonce les politiques régionales allant dans ce sens. Le SNUEP-FSU réaffirme que l’apprentissage n’est pas la solution au problème du chômage des jeunes.

Face à ces projets de régression sociale, le SNUEP-FSU réaffirme sa détermination à défendre la voie professionnelle initiale sous statut scolaire, seule à même d’articuler l’enseignement d’un métier et celui d’une culture commune émancipatrice.

un “plan étudiants” contre les bachelier-es professionnel-les

Suite aux réunions resserrées entre mi-septembre et mi-octobre sur l’accès au premier cycle universitaire, le gouvernement a formulé début novembre un “Plan Étudiants”. Conformément à ce que le SNUEP-FSU pressentait au regard du délai et du format choisi pour cette “concertation”, ce plan se révèle sans surprise et ne répond en rien aux attentes et aux besoins des bachelier-es professionnel-les ou des PLP. Le sous investissement dans l’enseignement supérieur et la sélection sont de mises.

Le « Plan Étudiants » supprime la libre inscription des bachelier-es

dans l’établissement de leur choix et l’interdiction de sélectionner. Il s’agit de généraliser le principe de capacités d’accueil limitées pour les formations de 1er cycle. C’est-à-dire la possibilité de sélectionner les bachelier-es ou de conditionner l’accès à une formation à l’inscription dans un parcours spécifique ou dans un dispositif d’accompagnement pédagogique. Or les propositions d’année propédeutique ou de remise à niveau à l’aide de MOOC ne sont pas adaptées aux bachelier-es considéré-es comme ayant un niveau de connaissances fragiles pour la filière.

Le plan instaure l’obligation d’informer les jeunes sur les attendus (pré-requis…), la réussite et l’insertion des diplômé-es de la filière de leur choix. Ainsi, l’idée générale est de dissuader les élèves issu-es de la Voie Professionnelle d’accéder à autre chose qu’une section de technicien supérieur. Si d’une part les MOOC ne sont pas adaptés aux bachelier-es professionnel-les et ne favorisent en rien l’apprentissage des savoirs, il faut reconnaître également que la réinstauration de parcours en 4 ans vers le bac pro serait de nature à éviter à nos élèves de devoir “rattraper” l’année perdue… en post-bac !

Ce qui doit changer dans nos établissements dès décembre 2017

 – Organisation de 2 semaines de l’orientation : la première en décembre, l’autre en mars.

– Désignation d’un-e second-e professeur-e principal-e en terminale pour coordonner en binôme l’accompagnement des lycéen-nes et de préparer une synthèse pour le conseil de classe.

– Si absence de volontaire pour être second-e professeur-e principal-e : du tutorat pourra être mis en place, rémunéré en IMP, avec les enseignant-es volontaires.

– Les élèves devront émettre 10 vœux non classés.

– Le conseil de classe du 1er trimestre devra émettre un éclairage sur les vœux des élèves.

– Le conseil de classe du 2ème trimestre devra émettre un avis officiel.

 Les recommandations du SNUEP-FSU

 – Aucune consigne précise n’a été donnée quant à l’organisation des semaines de l’orientation. Du fait des CCF et des PFMP, elles seront difficiles à mettre en place dans la voie professionnelle. Il n’est pas nécessaire de se surinvestir dans ces semaines !

– Le SNUEP-FSU est intervenu auprès du ministère pour rappeler que les conseils de classe de terminale en LP sont souvent semestriels : le ministère doit inscrire dans son vadémécum (guide de mise en œuvre à destination des proviseur-es) de ne pas ajouter de réunions supplémentaires : le conseil de classe de janvier émettra les avis.

– La fonction de 2nd-e professeur-e prinicpal-e ne peut être imposée ! Le volontariat reste de mise. La fonction de professeur-e principal-e

– Il est extrêmement important de faire remonter toutes les difficultés induites par ce plan à vos délégué-es SNUEP-FSU.

  Les 2 semaines de l’orientation

L’aménagement de 2 semaines consacrées à l’orientation risque fort d’empiéter une fois de plus sur le temps d’enseignement, quand bien même il s’agirait de mobiliser les heures d’Accompagnement Personnalisé, déjà censées permettre de régler l’ensemble des problèmes qui n’ont pas trouvé de solution ailleurs (hétérogénéité du public, recherche de PFMP, etc.). Au regard du manque de consignes claires, des difficultés d’organisation et du caractère non obligatoire (absence de circulaire…) le SNUEP-FSU encourage les personnels à ne pas surinvestir ces semaines et à remonter aux militant-es SNUEP-FSU toutes les pressions des équipes de direction ou d’inspection.

Les avis des conseils de classe

Emettre un avis, lors du conseil de classe de chaque Terminale, sur chacun des 10 vœux possibles pour chaque élève allongera considérablement le déroulement de ces derniers et,par conséquent, le temps de travail des PLP. Cette décision risque fort de nepas pouvoir se mettre en place dans les classes très chargées des filières tertiaires notamment ! Et comment émettre des avis sans connaître parfaitement les filières demandées ? Cette connaissance des filières du supérieur était pourtant l’apanage des COPsy qui ont été très malmenés ces dernières années. Pour le SNUEP-FSU, le nombre de conseiller-es d’orientation doit être augmenté fortement pour permettre un réel accompagnement des élèves dans la construction de leur orientation.

Et les places en STS ?

Cette réforme entend finalement contraindre les bachelier-es professionnel-les à s’inscrire en STS uniquement. Pourtant, seules 7000 places seront ouvertes sur 5 ans, soit 1400 places par an, à répartir sur l’ensemble de la centaine de département français… ce qui fait ½ section de STS par département et par an. Il faut multiplier par trois le nombre de places actuelles pour accueillir tou-tes les bachelier-es professionnel-les souhaitant poursuivre leurs études. Autrement, ceux-ci/celles-ci seront sans solution.

Pour le SNUEP-FSU, cette réforme de l’accès à l’enseignement supérieur va àcontre-courant d’une « valorisation de la voie professionnelle », slogan qui ne se traduit toujours pas en acte. Porter une ambition pour la voie professionnelle passe par un renforcement des moyens à l’université, par la création de places suffisantes en STS mais aussi, en amont, par des dédoublements de classes, des parcours en 4 ans et une remise à plat des modalités certificatives.

réforme de l’accès à l’enseignement supérieur

Une impasse pour les bachelier-es professionnel-les

Du travail en plus pour les PLP

Les ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur ont dévoilé leur plan pour les poursuites d’études des bachelelier-es. Sans surprise, cette réforme initie bien une sélection à l’entrée à l’université, n’améliorera en rien les poursuites d’études des bachelier-es professionnel-les et intensifiera le travail des PLP.

Dorénavant, les universités choisiront leurs élèves en fonction d’attendus définis. « Choisir » signifie distinguer ou préférer certains élèves parmi d’autres selon des critères décidés ; choisir signifie donc bien ici sélectionner. La volonté d’empêcher les bachelier-es professionnel-les de s’orienter vers l’université est explicite. Les MOOC proposés pour remédier aux difficultés ne sont pas adaptés aux bachelier-es professionnel-les et ne favoriseront en rien l’accompagnement dans l’apprentissage des savoirs.

Le SNUEP-FSU est consterné par l’annonce des ministres concernant la création de seulement 7000 places en BTS d’ici 2022 – soit moins d’une demie classe de BTS par département et par an. Rien n’est donc prévu pour les 14 000 bachelier-es professionnel-les qui seront dorénavant exclu-es des universités ni pour celles et ceux qui n’obtenaient déjà pas de poursuites d’études.

L’instauration des rendez-vous pour accompagner les lycéen-nes dans leur orientation semble ignorer complètement les lycées professionnels qui sont organisés en semestres. Pour éviter la multiplication des réunions et avis, qui ne ferait qu’accroitre la charge de travail des professeur-es de lycée professionnel, le calendrier doit pouvoir s’adapter aux organisations locales.

Pour le SNUEP-FSU, cette réforme de l’accès à l’enseignement supérieur va à contre-courant d’une « valorisation de la voie professionnelle », slogan qui ne se traduit toujours pas en acte.

Porter une ambition pour la voie professionnelle passe par un renforcement des moyens à l’université, par la création de places suffisantes en STS mais aussi, en amont, par des dédoublements de classes, des parcours en 4 ans et une remise à plat des modalités certificatives.

Apprentissage – voie professionnelle scolaire : stop à la concurrence !

L’apprentissage et la formation professionnelle sont au cœur de l’actualité car une réforme d’ampleur est actuellement en discussion. La petite musique qui se dégage depuis ces derniers jours est inquiétante pour l’enseignement professionnel public sous statut scolaire. La réforme envisagée porte uniquement sur la priorité à développer, encore et toujours, l’apprentissage, présenté en des termes élogieux par Emmanuel Macron le 15 octobre dernier.
En matière d’insertion professionnelle, même si les apprenti-es s’insèrent mieux à court et moyen terme, l’accès au diplôme et le niveau de qualification restent prépondérants. Différentes études soulignent régulièrement le moindre taux d’accès des apprenti-es au CAP et bac pro (10 à 15 points d’écart avec la voie scolaire) et la forte sélection à l’entrée en apprentissage. Cette sélection s’opère par une discrimination similaire à celle à l’embauche (de genre, raciale et sociale) mais aussi par le souhait des entreprises d’avoir des apprenti-es plus âgé-es ou ayant déjà une expérience professionnelle. Ainsi, l’apprentissage ne permet pas à toutes et tous les jeunes d’acquérir un diplôme.
En taisant l’existence des PFMP, Emmanuel Macron jette délibérément un voile sur la formation en alternance proposée par la voie professionnelle sous statut scolaire. Pourtant, le lycée professionnel accueille les élèves en fonction de leur projet, sans distinction sociale, géographique ou d’origine. Les professeur-es de lycée professionnel enseignent, sous la responsabilité de l’Éducation nationale, pour former des élèves, les futur-es travailleurs et travailleuses mais aussi des citoyen-nes. Initialement les LP ne sont pas uniquement destinés à former pour une employabilité immédiate en délivrant des diplômes maison, ce qui compromettrait durablement les chances d’évoluer professionnellement.
La valorisation de la voie professionnelle est une rengaine depuis trois quinquennats. Aujourd’hui, le seul but poursuivi est le développement de l’apprentissage pour un assujettissement aux employeurs qui eux ne font rien pour valoriser les métiers considérés de faible qualification. Valoriser le CAP et le bac pro passe aussi par la valorisation des métiers, leur reconnaissance salariale et l’amélioration des conditions de travail.
Pour le SNUEP-FSU, les formations avec des périodes de formation en milieu professionnel, sous statut scolaire, dispensées dans les lycées professionnels ont montré depuis de nombreuses années leur pertinence. Elles doivent donc être confortées, développées et améliorées pour répondre encore mieux à la demande sociale des jeunes et des familles en termes de qualification et de poursuite d’études.

Grille indiciaire en septembre 2017

Classe normale

échelonindiceDurée 
11664
106204
9
5784
8
5422.53.5
75063
647823
54662.5
44532
34402
24361
13831

Hors classe

échelonindicedurée
7
67933
57513
47052.5
36522.5
26112
15702

 

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